66. C’est le nombre de jours qu’il reste avant le premier tour des élections présidentielles françaises. Les principaux candidats se sont fait connaître, et honnêtement, je dois avouer qu’à l’heure actuelle j’aurais bien du mal à choisir, cependant j’ai mes petits avis sur chacun d’entre eux. Revue des principaux candidats.
Commençons tout à gauche avec Jean-Luc Mélenchon.
Probablement le plus gros zouave de ces élections, Mélenchon est un ancien du PS qui est parti pour se faire connaître. Parfait opportuniste, il aime bien créer du vent, faire des pseudos-polémiques, parler pour ne rien dire, se faire le grand défenseur des causes d’extrême-gauche, relayant les pires préjugés sur le capitalisme et exploitant sans vergogne les malheurs de la classe populaire pour se propulser au plus haut. Cela dit, il ferait un très bon acteur car il remplit son rôle de clown à merveille, c’est du bon démagogisme et il faut croire que ça marche bien puisque pas mal de gens sont ralliés à sa cause et qu’il réalise pour l’instant selon les sondages un score pas si dégueulasse que ça même si il regroupe plusieurs entités.
Il faut avouer que depuis Jospin en 2002, on avait pas vu un candidat aussi crédible. Déclenchant des rires sarcastiques il y a encore quelques années, François Hollande a fait d’énormes progrès en termes de communication comme de présentation, améliorant grandement l’image qu’il donne de lui-même, et c’est ce qui fait actuellement de lui un candidat inspirant bien plus confiance que Ségolène Royal en 2007, malgré un contexte différent actuellement. Bénéficiant de la position de Nicolas Sarkozy et de ses avantages, François Hollande est définitivement le meilleur ennemi du candidat de l’UMP et, à défaut de DSK, le meilleur candidat que le PS ait pu aligner. La tâche ne va pas être aussi facile qu’elle en a l’air, la partie n’est pas gagnée d’avance mais il part loin d’être démuni.
Réalisant un bon score en 2007 avec l’étiquette UDF et connaissant une traversée du désert depuis la création de son parti le Mouvement Démocrate ou MoDem, Bayrou prouve qu’il a les reins solides pour rester au gouvernail d’un navire qui a maintes fois flanché mais redressé tant bien que mal grâce lui et la très fidèle Marielle de Sarnez. Un peu plus discret médiatiquement que François Hollande, Bayrou apparaît pour l’instant moins certain qu’il n’a pu l’être en 2007. En effet, Hollande étant un meilleur candidat, Bayrou ne peut se nourrir des déçus du candidat de la gauche comme il a pu le faire lors des élections précédentes. Il ne reste plus qu’à espérer que ces élections lui permettent de remonter un peu la pente que son parti galère à monter. Honnêtement, je ne pense pas qu’il fasse autant d’étincelles qu’en 2007.
Lors de son mandat, il avait déclaré qu’il en ferait qu’un seul. Hier, il déclare que ne pas repostuler pour 5 ans de plus, serait abandonner les Français. Bien qu’en mauvaise posture dans les sondages et avec un bilan plus ou moins bon selon le point de vue que l’on adopte, Nicolas Sarkozy excelle dans la communication, ce qui lui a grandement réussi en 2007, et ce, peu importe le niveau de la candidate qu’il avait en face. Même si François Hollande est donné largement gagnant dans les sondages, rien n’est gagné, Nicolas Sarkozy n’a pas peur des défis et serait bien capable de remporter celui-ci, pas la main aussi haute qu’il y a 5 ans mais sans démériter. Depuis quelques mois, on sent une préparation du président, et il faisait nul doute qu’il allait être candidat. Nicolas Sarkozy possède d’énormes moyens et il serait bon de ne pas le sous-estimer, peu importe l’état de son bilan ou sa situation actuelle dans les sondages – on sait tous à quel point la situation peut basculer très rapidement.
Sans aucun doute la candidate la plus dangereuse de cette élection. Non pas qu’elle risque d’arriver au second tour – ce que je pense complètement improbable contrairement à 2002 – mais pour la place qu’elle va occuper dans cette campagne. La force de Marine Le Pen, c’est la communication. Les bonnes vieilles idées du parti d’extrême-droite avec une touche de jeunesse. La recette fonctionne bien puisqu’on a envie d’y croire, le discours paraît moins assassin, moins immonde mais sur le fond, rien n’a changé. Les idées sont toujours aussi grotesques mais la tournure plus agréable et maquillée vont lui permettre de réaliser à mon avis un score supérieur à celui de son père en 2007. Heureusement, je pense que cela ne sera pas suffisant pour briguer une place au second tour. Mais méfiance.
Mon choix personnel ? Je l’ai déjà dit, j’en ai aucun de fait pour l’instant. Aucun des candidats ne me convainc totalement, surtout que je n’ai pas encore toutes les cartes en main pour juger. François Hollande est « trop » à gauche à mon goût. Bayrou est au milieu… et comme chaque milieu, on sent un manque de décision ou d’affirmation nette, y’a du bon et du moins bon, des compromis à tout va, rien ne me semble bien clair, et c’était déjà le cas en 2007 même si j’avais pas l’âge de voter. Et Nicolas Sarkozy, quelques bonnes idées mais personnellement je ne l’aime pas, et je n’ai pas envie qu’il gouverne 5 ans de plus. Les quelques bonnes idées qu’il a ne couvrent pas toutes les mauvaises. Il faut croire que je suis parti pour voter blanc… et ne pas voter Sarkozy au second tour.
Mais, comme on le dit souvent, wait’n'see. Il reste 66 jours, et 2 mois en politique, c’est très long. Personne n’avait prédit la défaite de Jospin le 21 avril 2002, et pourtant. Je reviendrai sur ce sujet le mois prochain, en espérant que les éventuels débats télévisés nous permettent à tous d’avoir plus de cartes en main d’ici là.







