La routine aura été quelque peu cassée ce matin, à cause d’une visite médicale dans le cadre de mon emploi. Visite médicale à laquelle j’ai le droit une fois tous les 2 ans.
Rendez-vous est donc pris dans un centre spécialisé de la médecine du travail, à 9 heures 40. Je me lève, me lave m’habille, et pars, comme un matin ordinaire. Une fois dans la voiture, je regarde mon iPad et constate que le chemin sur Google Maps que je m’étais tracé jusqu’au centre a été tout bonnement perdu à cause de la perte de la connexion à internet.
Je fais donc appel à ma mémoire et grâce aux 20 minutes d’avance que j’avais prises en partant tôt de la maison, j’arrive tout pile à l’heure pour le rendez-vous.
Je rentre dans le centre, énonce mon nom et celui du médecin avec qui j’ai rendez-vous puis je m’installe dans la salle d’attente. Salle d’attente dans laquelle quelques personnes ont l’air anéanties non pas par une quelconque maladie ou fatigue mais tout simplement par l’ennui qui faisait rage dans ces lieux pire que le SIDA dans les pays les plus pauvres d’Afrique. Je prends une chaise et m’installe, en me disant qu’à dix heures et demie, tout sera terminé. Plusieurs soupirs plus tard, une personne sort de la file d’attente et annonce qu’elle avait rendez-vous à 8 heures et demie. Il est alors environ une heure et demie de plus.
Finalement, sur les coups de 10 heures 20, je suis appelé. Je me mets alors à sortir de mon état léthargique dans lequel j’ai inconsciemment plongé au vu de la dynamique jusqu’alors présente dans cette salle. Je monte les marches et me mets à espérer que ma consultation est proche.
Epic fail, je suis conduit dans une autre salle d’attente, tout aussi vive et animée que celle à l’étage inférieur. Plusieurs décrochages de mâchoire plus tard, j’entends de nouveau mon patronyme, prononcé par une personne de sexe féminin. J’ai commencé de nouveau à espérer mais tout d’un coup je me rappelle que j’avais rendez-vous avec un médecin et pas une. Bingo, on m’a juste appelé pour me demander mon nom, ma date de naissance et mon entreprise actuelle afin de l’écrire sur un dossier médical visiblement similaire à celui qui était déjà présent sur le bureau, et rempli.
Je retourne donc m’asseoir toujours dans cette deuxième salle d’attente. Puis ENFIN, quelques minutes après, j’eus le luxe d’apercevoir le médecin avec qui j’avais rendez-vous. Il est 11 heures 10.
Le moins que l’on puisse dire c’est que la consultation aura été aussi expresse que le temps d’attente était long. Pseudo-vérification des capacités oculaires et auditives, petite auscultation de routine, et enfin un questionnaire ma foi très intéressant, m’ayant plus fait penser à un sondage sur le mode de vie des jeunes qu’autre chose : est-ce que vous buvez de l’alcool ? Est-ce que vous fumez ? Est-ce que vous consommez des drogues ? Quel est votre dernier diplôme ? Quel bac avez-vous eu ? Que faites-vous actuellement ? Faites-vous du sport ?… La perle ayant été la question suivant celle du domaine de mon activité professionnelle (l’informatique) : « travaillez-vous sur un écran ? ». Sur le coup, j’ai hésité à répondre que non, que dans mon entreprise on utilisait des pico-projecteurs et des claviers entièrement tactiles reproduits sur les bureaux comme dans les films de SF. Et puis finalement, voulant en finir, j’ai répondu d’une manière évidente « Oui. »
Une fois le questionnaire fini, je suis sorti du cabinet, j’ai signé un papier me déclarant apte à effectuer le travail qui m’est confié chaque jour. Je pensais avoir perdu ma demie-journée mais finalement, j’ai quand même appris que je mesurais 1 mètre 66 pour 55 kilos, et quand on sait que lors de ma dernière consultation chez mon médecin traitant je mesurais un peu plus d’un mètre 70, ça fait relativiser. Je n’ai pas perdu ma demie-journée, j’ai appris qu’un être humain pouvait rapetisser et que la médecine du travail est comme mon père me l’avait toujours dit : inutile.